mardi 11 février 2014

Élèves ayant des besoins particuliers en FP: jusqu'où peut-on adapter et quelles aides technologiques utiliser?



Pour visionner le vidéo dont je parle dans ce billet: http://vimeo.com/channels/aidestechnos1



Le billet de cette semaine portera sur la vidéo d’un atelier qui a été tournée dans le cadre du colloque de l’APEC le 12 octobre 2012. Le conférencier, Jean Chouinard, est un membre du RÉCIT en adaptation scolaire, un « réseau de personnes-ressources dans les commissions scolaires dédié au développement des compétences par l’intégration des technologies en conformité avec le Programme de formation de l’école québécoise » (http://www.recitadaptscol.qc.ca/spip.php?article2). Il propose, dans la vidéo, quelques pistes de réflexion aux enseignants qui ressentent le besoin d’offrir un meilleur accompagnement aux élèves ayant des besoins particuliers dans leurs classes (http://vimeo.com/channels/aidestechnos1). J’ai trouvé cette vidéo très intéressante, puisqu’elle traitait d’un sujet qui me concerne de près : les élèves en adaptation scolaire. J’ai porté mes réflexions sur plusieurs aspects de la conférence. Je parlerai tout d’abord de l’évolution des technologies de l’information et de la communication, puis de ce qu’est une aide technologique. Je distinguerai aussi les notions de diagnostic et de besoin dans le cadre d’une aide technologique et j'aborderai l'importance de se questionner sur leur valeur ajoutée. Enfin, je conclurai en parlant de l’ajout, à la sanction des études, de la possibilité d’utiliser des aides technologiques.




Monsieur Chouinard a d’abord abordé l’évolution des technologies et bien que je n’aie pas été surprise d’apprendre qu’au cours des dix dernières années, il y avait eu une très grande évolution de ce côté, encore plus depuis les cinq dernières années, j’ai toutefois été très étonnée de constater que, vers la fin de la décennie 1980, des chercheurs développaient déjà des outils intéressants, des aides à la communication et des exerciseurs pour les enfants en difficulté ou handicapés. Je croyais que ces aides technologiques n’avaient vu le jour que dans les années 2000 et avaient été implantées quelques années plus tard. Néanmoins, il y a eu beaucoup plus de nouveaux outils technologiques au cours du XXIe siècle qu’au cours des années précédentes : les tableaux blancs interactifs sont de plus en plus nombreux dans les écoles, l’implantation du iPad dans les classes, l’augmentation de la puissance et de la performance des ordinateurs d’année en année, etc. C’est en partie pourquoi le MEQ (ministère de l’Éducation) a inclus la maîtrise des TIC (technologies de l’information et de la communication) dans les douze compétences professionnelles (MEQ, 2001). En effet, puisque les technologies occupent de plus en plus de place dans nos vies, il est certain qu’elles en prendront de plus en plus, progressivement, dans les situations d’apprentissage des élèves. Il est donc nécessaire que les enseignants sachent utiliser ces technologies pour mieux aider les enfants de leur classe.


Ensuite, comme le dit monsieur Chouinard, de plus en plus d’applications, de logiciels, de sites, de programmes ont été créés et nombreux sont ceux qui peuvent répondre, en grandes parties, aux besoins des élèves en adaptation scolaire. Il suffit de trouver celui qui convient à l’enfant. Cependant, l’aide technologique n’est pas « une pilule magique », une prescription, par exemple, ce n’est pas parce qu’un enfant est dyslexique qu’il utilisera Word Q automatiquement.  Avant qu’un enfant ait de l’aide technologique, il faut d’abord qu’il rencontre divers intervenants parce qu’il est nécessaire qu’un enfant développe ses propres stratégies avant d’utiliser un outil qui les fera à sa place. Sur ce point, je suis d’accord avec le conférencier. Je crois qu’il est important de responsabiliser l’élève, de lui permettre d’avoir une certaine autonomie et un contrôle sur ses processus d’apprentissage. Ceci constitue un aspect important de la motivation chez l’élève. En effet, si un enfant se sent capable d’exécuter une activité, car il a les stratégies et les moyens pour y parvenir, il sera beaucoup plus engagé dans la tâche que s’il se considère comme incapable de la faire (Viau, 2001). C’est pourquoi il est important de doter les enfants de stratégies et de démarches qu’ils pourront utiliser à leur choix et de façon autonome. En effet, un enfant plus motivé s’engagera davantage dans les tâches scolaires, ce qui alimente la motivation de l’enfant dans les projets proposés par son enseignant, ce qui permet une moins grande propension à l’abandon scolaire (Chouinard, 2012). Or, dans certains cas, celui des enfants à besoins particuliers, les interventions faites auprès de l’enfant, les stratégies développées par celui-ci et les efforts qu’il emploie pour réussir ne sont pas suffisants pour lui permettre d’atteindre les exigences d’une tâche donnée, et ce, de manière soutenue : ses difficultés persistent dans le temps, pour la même tâche. Dans ce cas, l’élève pourra avoir accès à des aides technologiques. Celles-ci seront des moyens d’aider l’élève à appliquer les stratégies qu’il a apprises.


Par la suite, selon Chouinard (2012; MELS, 2011), « une aide technologique est une assistance technologique qui permet à l’élève de réaliser une tâche qu’il ne pourrait réaliser (ou réaliser difficilement) sans le soutien de cette aide et doit révéler un caractère essentiel pour répondre à la situation ». Ainsi, l’aide technologique ne peut être appliquée qu’au moment de la tâche où l’élève a de la difficulté. Il n’est pas nécessaire qu’il l’utilise dans tous les domaines d’études, sauf si la tâche touche plusieurs domaines. Ainsi, si l’élève a de la difficulté en compréhension lecture et a droit à une aide technologique, cette assistance lui sera utile seulement avec cette compétence et non en écriture et en communication orale. De surcroît, dans un souci d’équité, cet élève doit avoir cette aide s’il veut réussir.  L’enseignant ne doit pas voir ce support comme une injustice envers les autres élèves qui n’ont pas cette aide. Nous entendons souvent parler de la métaphore de la paire de lunettes dans ce cas de figure : est-ce que nous allons demander à un élève qui a des problèmes de vue d’enlever ses lunettes lors d’une évaluation ou d’une situation d’apprentissage parce que les autres élèves n’en portent pas? Favorisons-nous la réussite de tous dans ce cas?

Or, la réussite pour tous nous est explicitement demandée dans le programme de formation de l’école québécoise (2006), et ce, tant sur le plan de la socialisation, de l’instruction et de la
qualification. Pour permettre la réussite de tous, il est certain qu’en tant qu’enseignant, nous devrons faire preuve de flexibilité et permettre certaines adaptations. Pour cela, il faut accepter d’être équitable et non, nécessairement, faire preuve de justice. Si un enfant, pour comprendre un texte, a besoin qu’une synthèse vocale lui lise le texte pour qu’il puisse se concentrer sur le sens des phrases au lieu de travailler très fort au niveau du décodage, il faut lui permettre d’utiliser son aide technologique. Dans ce cas, on lui donne les mêmes chances de réussite que les autres enfants de la classe. Les critères et les exigences d’évaluations de la tâche seront les mêmes que pour ses camarades, mais les modalités de réalisation de la tâche seront différentes. C’est ce que l’on appelle une adaptation (Charbonneau, 2014; Chouinard, 2012). Une aide technologique peut également être utilisée dans le cas d’une modification. Ici, l’enseignant change les modalités elles-mêmes de la tâche ou de l’examen pour qu’elles correspondent au niveau de l’enfant. Ces deux types de différenciation doivent être inscrits dans un plan d’intervention. Ainsi, on ne peut offrir une aide technologique à l’enfant sans au préalable le mettre dans son plan d’intervention et en expliquer l’utilité pour lui (Charbonneau, 2014; Chouinard, 2012).

Néanmoins, il faut faire attention de bien distinguer la notion de diagnostic et de besoin. Un enfant qui a un diagnostic, par exemple de dyslexie, n’a pas nécessairement besoin d’une aide technologique. Il se peut, dans ce cas, que l’élève ait de très bons résultats et réussisse à bien comprendre les notions grâce aux stratégies qu’il a mises en place, aidé de son enseignant et d’autres intervenants. Dans la même classe, un enfant sans diagnostic pourrait avoir de très grandes difficultés en lecture et aucune des stratégies mises en place pour l’aider ne fonctionne, et ce, malgré tous les efforts de l’élève et de l’enseignant. Est-ce que, parce que cet élève n’a pas de diagnostic, il n’aurait pas droit à une aide technologique? Selon moi, cet élève mériterait qu’on lui offre une telle aide. L’élève avec le diagnostic, dans cet exemple, n’en a pas besoin. En d’autres mots, selon l’opinion du conférencier et la mienne, il est important de toujours attribuer une aide technologique selon le besoin de l’enfant et non pas selon son diagnostic.

Enfin, il est important, selon moi, de penser à la valeur ajoutée que cette aide apporte et d’expérimenter l’outil avec l’élève, c’est-à-dire qu’il est nécessaire de vérifier si l’aide lui convient vraiment et si elle lui permet de réaliser les tâches qu’il était incapable de réussir auparavant. Si l’élève ne réussit pas davantage malgré cette aide, il faut se demander si cela est dû à une mauvaise utilisation de l’outil ou au fait que ce dernier n’est pas efficace pour cet élève. Je crois qu’il est toujours important de se questionner sur les stratégies employées et les outils proposés aux élèves pour être toujours à l’affût de ce qui convient le mieux aux enfants auxquels nous enseignons.


Pour conclure, j’ai appris, lors de l’écoute de la vidéo que ce n’est qu’en 2008 que la sanction des études avait enfin reconnu la pertinence, pour un élève en difficulté, d’utiliser des aides à l’écriture en situation d’apprentissage, mais également en situation d’évaluation. On reconnaît dorénavant ces aides comme des moyens d’adaptation et non comme des moyens de modification. Or, auparavant, les enfants, s’ils éprouvaient des difficultés, pouvaient avoir des aides technologiques en classe, mais ne pouvaient pas les utiliser lors des situations d’évaluation, car cela était considéré comme injuste envers les autres enfants. L’élève apprenait donc à se servir de l’aide technologique, qui lui permettait de réussir les mêmes tâches que ses camarades, mais ne pouvait plus l’utiliser au moment des évaluations : n’est-ce pas inéquitable? Ceci m’a fait réaliser que même si on nous serine que la société est en perpétuel changement, qu’elle évolue à une vitesse vertigineuse, cela n’est pas nécessairement vrai pour tous les domaines. Le domaine de l’adaptation scolaire est, si l’on considère l’histoire du Québec, un aspect tout récent qui devra continuer à être défendu et qui devra évoluer en faveur des besoins de l’élève, peu importe ce qu’ils sont. Or, les technologies, comme je l’ai appris grâce au conférencier, peuvent représenter une grande aide pour ceux qui en nécessitent l’acquisition. C’est pourquoi l’ajout de l’utilisation de certaines aides technologiques lors des situations d’évaluation, pour les élèves à besoin particulier, dans la sanction des études, est si important. Il ne faut toutefois pas oublier que cet ajout est le résultat de la longue bataille de plusieurs personnes, dont le conférencier, qui ont continué à se battre pour ce qu’elles percevaient comme essentiel jusqu’à ce qu’elles obtiennent gain de cause. 




Références :
Charbonneau, D. (Hiver 2014). La différenciation pédagogique. Recueil inédit, Université de Montréal.
Chouinard, J. (2012). Élèves ayant des besoins particuliers en FP: jusqu'où peut-on adapter et quelles aides technologiques utiliser? [Vidéo en ligne]. Repéré à http://vimeo.com/channels/aidestechnos1
Ministère de l’Éducation. (2001). La formation à l’enseignement professionnel. Repéré à http://www.mels.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/publications/anterieur/form_ens_prof.pdf
Ministère de l’Éducation (2006). Programme de formation de l’école québécoise : Éducation préscolaire, enseignement primaire. Repéré à http://www1.mels.gouv.qc.ca/sections/programmeFormation/primaire/medias/1-pfeq_chap1.pdf
Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS). (2011). Considérations pour établir les mesures d’adaptation à mettre en place en situation d’évaluation. Repéré à http://www.fcpq.qc.ca/data/userfiles/files/Recherche_Developpement/Plan%20Intervention/Considerations-Mesures%20adaptation.pdf

Viau, R. (2001). La motivation des élèves : Pourquoi s’en préoccuper? Et comment? Nouvelle de l’AEFNB, 18-21.

mardi 4 février 2014

Est-ce que la vidéo réinvente l'éducation?


http://sydologie.com/outils/khan-academy/J’ai décidé de porter ma réflexion sur la vidéo mise sur Studium par notre professeur du cours PPA1114, car la question «Est-ce que la vidéo réinvente l'éducation?» m'a inspirée énormément de questionnements et de réflexions.  J'ai écouté la vidéo du conférencier. Je l'ai trouvée très enrichissante et je me suis même renseignée sur le projet de monsieur Khan et me suis inscrite sur son site en tant qu'enseignante. Je dois dire que son travail est assez prodigieux, faramineux. Un vrai travail de moine!
 
Voici la vidéo en question:
 

 

 
 
 
 

Voici un résumé de la vidéo: « Salman Khan parle du pourquoi et du comment de la création de la remarquable Khan Academy, une collection soigneusement structurée de vidéos éducatives qui offrent un programme complet en mathématiques, et, maintenant, dans d'autres domaines. Il démontre le pouvoir des exercices interactifs, et appelle les enseignants à réviser le contenu d'une classe traditionnelle en donnant aux étudiants des conférences vidéos à regarder à la maison, et en faisant les "devoirs" dans la salle de classe avec l'enseignant disponible pour apporter de l'aide. » (http://www.ted.com/talks/lang/fr/salman_khan_let_s_use_video_to_reinvent_education.html)
 

 
Au départ, Salman Khan ne faisait que  des vidéos pour ses cousins, pour les aider dans les matières qu'ils trouvaient difficiles. Cependant, en les mettant sur youtube, plusieurs autres personnes ont pu y avoir accès et lui ont fait quelques commentaires tels que «ces vidéos pourraient être utilisées en classe». Il a donc commencé à produire de plus en plus de vidéos, et ce, sur plusieurs concepts de différentes disciplines. Il a créé un site où ces vidéos peuvent être vues par les élèves et les enseignants. Le site permet, de plus, à ces derniers de voir la progression de leurs élèves sous forme de graphique. (Pour plus d'explications, vous pouvez aller regarder la vidéo, le conférencier explique en des termes très simples et clairs son projet).
Je crois les vidéos, telles que celles produites par monsieur Khan, pourraient aider les enseignants à faire de la différenciation pédagogique en classe. Néanmoins, je ne crois pas qu'elles «réinventeraient l'éducation». Je m'explique. 


Tout d'abord, monsieur Khan dit que les vidéos éducatives qu'il produit permettent à l'élève d'évoluer à son propre rythme et permettent à l'enseignant d'accompagner les élèves dans leur démarche d'autorégulation. Il disait donc que l'utilisation de telles vidéos donne l'occasion de faire de la différenciation pédagogique et d'aider les élèves en difficulté. Je suis d'accord avec lui, dans le sens que l'utilisation de ce genre de vidéo peut être un bon outil pour l'enseignant en adaptation scolaire, tout comme dans les classes ordinaires.


http://hobart.schoolwires.com/domain/6 En effet, il est nécessaire que l'élève participe à ses apprentissages, car selon le paradigme de l'apprentissage (Lamarre, automne 2013, ETA 2200 - École et Environnement social), les élèves ne sont pas des «cruches à remplir». En effet, l'enseignant doit miser sur la capacité de l'élève à transformer des savoirs en connaissances viables, utilisables et transférables. Toutefois, pour ce faire, l'élève doit s'engager, à son rythme, dans ses apprentissages et participer à ce qu'il découvre. Tout apprentissage doit partir de celui-ci, l'enseignant ne servant que de guide et de médiateur entre les connaissances et l'élève. Or, c’est le paradigme de l’apprentissage qui est surtout prôné dorénavant dans les programmes scolaires. Il faut néanmoins tenir compte du paradigme d’enseignement (Mouffe, 2014), mais cela est une autre histoire.
L'utilisation des vidéos éducatives comme celles de Khan permettent ainsi à chaque enfant de progresser à son rythme, ce qui évite un acharnement pédagogique de la part de l'enseignant : il fait des exercices sur des notions qu'il apprend à comprendre. Cela peut s'appliquer plus particulièrement aux élèves qui sont dans des classes spéciales ou des écoles spéciales. Ce sont généralement des enfants qui apprennent un peu plus lentement que les élèves dans les classes ordinaires, qui apprennent moins vite que la « norme ». Il pourrait donc être avantageux, pour l'enseignant en adaptation scolaire, de prendre de telles vidéos comme outils.
Certains pourraient penser que ces vidéos enlèveraient de la tâche à l'enseignant, surtout si celui-ci, au lieu d'enseigner les matières, se fie uniquement aux vidéos. Néanmoins, même dans ce cas, le projet du conférencier n’enlève rien au professionnalisme de l’enseignant ni à son rôle dans la classe, puisque celui-ci gère l'ensemble de la progression des enfants et peut organiser des jumelages entre élèves moins doués, pour un concept, et plus doués.
 
Ensuite, l'inconvénient des vidéos de monsieur Khan est qu'elles sont en anglais. Ainsi, nos élèves francophones ne pourront pas profiter du projet du conférencier. Je n'ai malheureusement pas trouvé d'équivalent français sur le site de monsieur Khan, ce qui ne signifie pas qu'il n'en existe pas. Néanmoins, Bibliothèques Sans Frontières a entrepris de traduire les vidéos de monsieur Khan en français (http://www.khan-academy.fr/), mais la tâche est loin d’être finie. Malgré tout, je crois qu'un site aussi élaboré que celui que j'ai exploré pourrait être un défi extraordinaire à réaliser pour un enseignant: la construction d'un projet similaire à celui de Khan, mais pour des francophones. Un site où tous les concepts, du primaire et du secondaire, dans toutes les disciplines, pourraient être enseignées via des vidéos. Cela pourrait être d'une grande aide pour certains élèves et même pour ceux qui font l'école à la maison. 
 
http://www.khanacademy.org/math/cc-third-grade-math/cc-3rd-add-sub-topic/cc-3rd-adding-carrying/v/carrying-when-adding-three-digit-numbers
 
 
Un autre désavantage de n'utiliser que les vidéos comme source d'apprentissage est que si l'enseignant se fie à une écoute des vidéos quotidiennes, à la maison et n'enseigne pas les matières en classe, il pourrait être surpris par le manque d'assiduité de certains élèves. Si certains élèves n'ont pas fait leur «devoir» à la maison, l'enseignant ne pourra pas engager les élèves dans des activités supplémentaires de simulations et de jeux. De surcroît, si l'enseignant décide d'utiliser ces vidéos en classe, il sera nécessaire d'avoir un ordinateur par personne, ce qui engendre beaucoup de coûts pour la classe (si les élèves n'ont déjà pas un ordinateur chacun qui est disponible pour eux). Enfin, l'enfant ne développe pas énormément sa motricité fine, puisqu'il passerait ses périodes à travailler sur l'ordinateur. Or, plusieurs métiers nécessitent une certaine dextérité manuelle. Ce ne sont pas tous les métiers qui demandent uniquement une manipulation quotidienne des TIC (technologies de l'information et de la communication).
Pour conclure, je crois qu'il pourrait être intéressant d'intégrer le visionnement de vidéos éducatives qui permettraient à chaque enfant d'apprendre et de progresser dans sa compréhension, à son rythme. Cela demanderait toutefois une gestion particulière de la classe par l'enseignant et exigerait une certaine aisance avec le matériel audiovisuel. Cependant, il n'est pas ici question de «réinventer l'éducation» grâce aux vidéos, car sans vidéos éducatives, il est toujours possible de faire de la différenciation pédagogique. C'est justement ce qu'on nous demande de faire en tant qu'enseignant. Aussi, il n’y a pas d’études qui démontrent que les élèves apprennent mieux avec des vidéos. Enfin, je crois qu'il faut être très vigilant lors de l'utilisation des TIC et ne pas en abuser. En effet, selon Wiegand (2006), un usage trop fréquent de l'ordinateur (dont le visionnement de vidéos) et le recours aux jeux vidéos peuvent réduire les espaces fréquentés et habituels.  Je sais que cette information traite principalement d'un aspect géographique. Malgré tout, par les résultats de la recherche menée par cet homme, j'en suis venue à me demander à quel point il est important de transformer nos classes en laboratoire pour les TIC.  Il faudra bien doser l'utilisation de vidéos et autres pour ne pas rendre l'enfant dépendant à ces technologies: la vraie vie ne se limite pas à un ordinateur. L’élève ne doit pas qu’apprendre des notions théoriques. Il doit apprendre des méthodes de travail, aiguiser sa métacognition, etc. Or, les vidéos éducatives que proposent Khan ne touchent pas à cet aspect de l’enseignement. Elles ne donnent que des notions théoriques.
 
Un site intéressant qui résume la thèse d'un chercheur. On y parle des fonctions de la vidéo en classe. L'explication est en anglais: http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1467-8535.2011.01234.x/abstract

Références :
Lamarre, S. (Automne 2013). ETA 2200 – Au cœur de la relation pédagogique (Logique stratégique). [Présentation PowerPoint]. Repéré dans l'environnement Studium: https://studium.umontreal.ca/
Mouffe, M. (Hiver 2014). ETA 3550 – Politique d’évaluation des apprentissages. [Présentation PowerPoint]. Repéré dans l'environnement Studium: https://studium.umontreal.ca/
Valois, R. (Hiver 2014). DID 3230 - Enseigner la géographie au primaire. [Présentation PowerPoint]. Repéré dans l'environnement Studium: https://studium.umontreal.ca/

 
 

 

lundi 27 janvier 2014

Notebook... et non! Je ne parle pas du film


http://etab.ac-montpellier.fr/0660516c/pub/TICE/ressources_TBI/ressources_pour_les_TBI_TNWII.htmlLes élèves adorent aller au tableau blanc interactif pour réaliser des activités; ils aiment manipuler, toucher et déplacer des éléments qui sont à l’écran. J’ai de nombreuses fois utilisé le logiciel Notebook pendant mon stage. Mon enseignante associée m’a fortement recommandé de m’en servir pour créer des SAE (situation d’enseignement-apprentissage). J’ai suivi son conseil et je me suis moi-même beaucoup amusée à découvrir les fonctions de Notebook et les différentes actions que l’on pouvait poser grâce à ce logiciel.  Il est certain que je n’ai pas encore eu la chance d’explorer toutes les possibilités que peut nous suggérer le logiciel, néanmoins, je sais qu’il offre énormément de choix d’actions. Ainsi, il peut être très utile pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, comme les élèves de ma classe, qui étaient des enfants ayant un trouble du langage,
étaient très visuels, l’utilisation du logiciel Notebook devenait une ressource importante pour eux.   Il permettait aux enfants de visualiser les apprentissages ainsi que de manipuler certains éléments des activités, ce qui les aidait énormément à comprendre les notions en plus de les garder attentifs. En outre, le logiciel « sauve du temps » à l’enseignant qui n’a plus besoin, par exemple, de couper des papiers et des cartons pour donner du « visuel » aux élèves. Les activités créées par le professionnel de l’enseignement sont donc plus facilement construites et moins longues à élaborer. En d’autres mots, le logiciel facilite l’utilisation de références visuelles et kinesthésiques pour l’élève et pour l’enseignant. De surcroît, les élèves aiment s’amuser et n’ont pas l’impression d’apprendre lorsqu’on leur fait faire des activités éducatives sur le tableau blanc interactif.  Sans compter que les élèves sont au centre de leurs apprentissages et sont très actifs, ce qui constitue un avantage des TIC, selon plusieurs chercheurs (Peters, 2009).
Ensuite, Notebook nous permet de créer nos propres activités. Comme je l’ai déjà mentionné, Notebook n’est pas un site internet où l’on peut jouer à des activités, c’est un logiciel : un logiciel qui nous permet de créer des situations d’apprentissage adaptées à nos élèves, et ce, dans plusieurs contextes (mathématiques, français, univers social, etc.). Il y a même diverses sections et divers modules complémentaires au logiciel, que l’on peut se procurer. Le logiciel que j’utilisais en classe est le premier, c’est-à-dire le « logiciel d'apprentissage collaboratif SMART Notebook » (http://smarttech.com/fr/Solutions/Education+Solutions/Products+for+education/Software/SMART+Notebook+collaborative+learning+software). Même s’il n’a pas les mêmes fonctionnalités que le deuxième, qui est plus spécialisé pour des leçons de mathématiques, il m’a été possible de réaliser de belles et attrayantes situations d’enseignement-apprentissage en mathématiques. Ainsi, les modules complémentaires peuvent être très pertinents, mais ne sont pas nécessaires à la bonne mise en œuvre de différentes activités. Le logiciel de base offre tellement de possibilités diversifiées qu’elles peuvent suffire à l’enseignant.

Par exemple, l’enseignant peut :

- Aller chercher des images sur internet et les mettre dans la banque d’images du logiciel et les utiliser ensuite.

-  Modifier les images et les déplacer librement sur l’écran, si le mode « verrouillage » n’a pas été sélectionné.

- Dupliquer certains éléments à l’infini, par exemple s’il souhaite faire une activité sur les homophones (comme je l’ai fait en classe), s’il a sélectionné cette fonction.

- Écrire des éléments sur une page Web sans que les mots ne se déplacent lorsqu’il descend le curseur.

- Etc.

*Cette page vous présente les diverses applications et modules complémentaires de Notebook : http://smarttech.com/fr/Solutions/Education+Solutions/Products+for+education/Software/SMART+Notebook+collaborative+learning+software*

Cependant, il faut faire attention. La création d’activités interactives avec le TBI doit supposer une réflexion sur le contenu et la présentation de celui-ci aux élèves (Peters, 2009). Il ne suffit pas de rendre l’activité interactive, il est aussi important de comprendre pourquoi nous utilisons un tel genre d’activité plutôt qu’un autre. L’emploi du logiciel Notebook doit donc être justifié par une certaine réflexion pédagogique. L’enseignant se doit de toujours garder en tête les objectifs qu’il souhaite poursuivre grâce à l’utilisation des TIC. Il ne doit pas les utiliser à la légère ou les surexploiter.


 Sources intéressantes:

Section qui explique comment se servir de notebook et de ses différentes fonctions : http://tbifrancais.wikispaces.com/TBI+et+applications

  

Références :

Peters, M. (sous la dir.). (2009). Les TIC au primaire : pour enseigner et apprendre. Québec : Les Éditions CEC.


 

lundi 20 janvier 2014

Ce que j'aimerais apprendre



J'aimerais apprendre beaucoup de nouvelles choses dans ce cours. Tout, d'abord, je souhaiterais apprendre à me servir de programmes tels qu’Excel, pour me faciliter l'utilisation de ceux-ci. Je pourrai alors être plus efficace lorsque viendra le temps, pour moi, de les utiliser pour créer des activités pour mes élèves. J'aimerais aussi avoir une banque de sites que je pourrai éventuellement utiliser au cours de mes années d'enseignement: des sites éducatifs, des sites pour trouver du matériel, etc. Je veux apprendre à m'y repérer.
Référence de l'image







Deux questions qui me semblent importantes



Comment intégrer les TIC dans la classe quand l'enseignant n'a pas de tableau blanc interactif, n'a pas d'ordinateurs dans la classe et ne peut accéder au local informatique une fois dans le cycle horaire?

Que pouvons-nous enseigner aux élèves en matière de technologies de l'information? Devons-nous leur apprendre à utiliser facebook, plusieurs logiciels? Quelle est notre limite dans l'intégration des TIC?


Ce que je sais.


Voici trois éléments que je connais sur les TIC en adaptation scolaire:


 - Les logiciels tel celui de WordQ, qui peut venir en aide aux enfants qui ont d'énormes difficultés en écriture. Les enfants en adaptation scolaire ont souvent besoin de ce type de logiciels pour faciliter leur efficacité et pour ne pas ses démotiver.
- Le tableau blanc interactif est un outil qui peut permettre à l'enseignant d'aller chercher des activités interactives pour motiver les élèves. Ceux-ci peuvent se sentir davantage interpellé par les activités proposées.
- Les enseignants ont à maîtriser davantage les technologies, puisque les enfants baignent dans un monde qui en est rempli et où les technologies ne cessent de se modifier.