J’ai décidé de
porter ma réflexion sur la vidéo mise sur Studium par notre professeur du cours
PPA1114, car la question «Est-ce que la vidéo réinvente l'éducation?» m'a
inspirée énormément de questionnements et de réflexions. J'ai écouté la vidéo du conférencier. Je l'ai
trouvée très enrichissante et je me suis même renseignée sur le projet de
monsieur Khan et me suis inscrite sur son site en tant qu'enseignante. Je dois
dire que son travail est assez prodigieux, faramineux. Un vrai travail de
moine!
Voici la vidéo en question:
Voici un résumé de la vidéo: « Salman Khan parle du pourquoi et du comment de la création de la remarquable Khan Academy, une collection soigneusement structurée de vidéos éducatives qui offrent un programme complet en mathématiques, et, maintenant, dans d'autres domaines. Il démontre le pouvoir des exercices interactifs, et appelle les enseignants à réviser le contenu d'une classe traditionnelle en donnant aux étudiants des conférences vidéos à regarder à la maison, et en faisant les "devoirs" dans la salle de classe avec l'enseignant disponible pour apporter de l'aide. » (http://www.ted.com/talks/lang/fr/salman_khan_let_s_use_video_to_reinvent_education.html)
Au départ, Salman
Khan ne faisait que des vidéos pour ses
cousins, pour les aider dans les matières qu'ils trouvaient difficiles.
Cependant, en les mettant sur youtube,
plusieurs autres personnes ont pu y avoir accès et lui ont fait quelques
commentaires tels que «ces vidéos pourraient être utilisées en classe». Il a
donc commencé à produire de plus en plus de vidéos, et ce, sur plusieurs
concepts de différentes disciplines. Il a créé un site où ces vidéos peuvent
être vues par les élèves et les enseignants. Le site permet, de plus, à ces
derniers de voir la progression de leurs élèves sous forme de graphique. (Pour
plus d'explications, vous pouvez aller regarder la vidéo, le conférencier
explique en des termes très simples et clairs son projet).
Je crois les vidéos,
telles que celles produites par monsieur Khan, pourraient aider les enseignants
à faire de la différenciation pédagogique en classe. Néanmoins, je ne crois pas
qu'elles «réinventeraient l'éducation». Je m'explique.
Tout d'abord,
monsieur Khan dit que les vidéos éducatives qu'il produit permettent à l'élève
d'évoluer à son propre rythme et permettent à l'enseignant d'accompagner les
élèves dans leur démarche d'autorégulation. Il disait donc que l'utilisation de
telles vidéos donne l'occasion de faire de la différenciation pédagogique et
d'aider les élèves en difficulté. Je suis d'accord avec lui, dans le sens que
l'utilisation de ce genre de vidéo peut être un bon outil pour l'enseignant en
adaptation scolaire, tout comme dans les classes ordinaires.
En
effet, il est nécessaire que l'élève participe à ses apprentissages, car selon
le paradigme de l'apprentissage (Lamarre, automne 2013, ETA 2200 - École et Environnement social), les élèves ne sont pas
des «cruches à remplir». En effet, l'enseignant doit miser sur la capacité de
l'élève à transformer des savoirs en connaissances viables, utilisables et
transférables. Toutefois, pour ce faire, l'élève doit s'engager, à son rythme,
dans ses apprentissages et participer à ce qu'il découvre. Tout apprentissage
doit partir de celui-ci, l'enseignant ne servant que de guide et de médiateur
entre les connaissances et l'élève. Or, c’est le paradigme de l’apprentissage
qui est surtout prôné dorénavant dans les programmes scolaires. Il faut
néanmoins tenir compte du paradigme d’enseignement (Mouffe, 2014), mais cela
est une autre histoire.
L'utilisation
des vidéos éducatives comme celles de Khan permettent ainsi à chaque enfant de
progresser à son rythme, ce qui évite un acharnement pédagogique de la part de
l'enseignant : il fait des exercices sur des notions qu'il apprend à
comprendre. Cela peut s'appliquer plus particulièrement aux élèves qui sont dans des classes spéciales ou des
écoles spéciales. Ce sont généralement des enfants qui apprennent un peu plus
lentement que les élèves dans les classes ordinaires, qui apprennent moins vite
que la « norme ». Il pourrait donc être avantageux, pour l'enseignant
en adaptation scolaire, de prendre de telles vidéos comme outils.
Certains pourraient
penser que ces vidéos enlèveraient de la tâche à l'enseignant, surtout si
celui-ci, au lieu d'enseigner les matières, se fie uniquement aux vidéos. Néanmoins,
même dans ce cas, le projet
du conférencier n’enlève rien au professionnalisme de l’enseignant ni à son
rôle dans la classe, puisque celui-ci gère l'ensemble de la progression des
enfants et peut organiser des jumelages entre élèves moins doués, pour un
concept, et plus doués.
Ensuite, l'inconvénient
des vidéos de monsieur Khan est qu'elles sont en anglais. Ainsi, nos élèves
francophones ne pourront pas profiter du projet du conférencier. Je n'ai
malheureusement pas trouvé d'équivalent français sur le site de monsieur Khan,
ce qui ne signifie pas qu'il n'en existe pas. Néanmoins, Bibliothèques Sans Frontières a entrepris de traduire les vidéos de
monsieur Khan en français (http://www.khan-academy.fr/), mais la tâche est loin
d’être finie. Malgré tout, je crois qu'un site aussi élaboré que celui que j'ai
exploré pourrait être un défi extraordinaire à réaliser pour un enseignant: la
construction d'un projet similaire à celui de Khan, mais pour des francophones.
Un site où tous les concepts, du primaire et du secondaire, dans toutes les
disciplines, pourraient être enseignées via des vidéos. Cela pourrait être
d'une grande aide pour certains élèves et même pour ceux qui font l'école à la
maison.
Un autre désavantage
de n'utiliser que les vidéos comme source d'apprentissage est que si
l'enseignant se fie à une écoute des vidéos quotidiennes, à la maison et
n'enseigne pas les matières en classe, il pourrait être surpris par le manque
d'assiduité de certains élèves. Si certains élèves n'ont pas fait leur «devoir»
à la maison, l'enseignant ne pourra pas engager les élèves dans des activités
supplémentaires de simulations et de jeux. De surcroît, si l'enseignant décide
d'utiliser ces vidéos en classe, il sera nécessaire d'avoir un ordinateur par
personne, ce qui engendre beaucoup de coûts pour la classe (si les élèves n'ont
déjà pas un ordinateur chacun qui est disponible pour eux). Enfin, l'enfant ne
développe pas énormément sa motricité fine, puisqu'il
passerait ses périodes à travailler sur l'ordinateur. Or, plusieurs métiers
nécessitent une certaine dextérité manuelle. Ce ne sont pas tous les métiers
qui demandent uniquement une manipulation quotidienne des TIC (technologies de
l'information et de la communication).
Pour
conclure, je crois qu'il pourrait être intéressant d'intégrer le visionnement
de vidéos éducatives qui permettraient à chaque
enfant d'apprendre et de progresser dans sa compréhension, à son rythme. Cela
demanderait toutefois une gestion particulière de la classe par l'enseignant et
exigerait une certaine aisance avec le matériel audiovisuel. Cependant, il n'est pas ici question de «réinventer
l'éducation» grâce aux vidéos, car sans vidéos éducatives, il est toujours
possible de faire de la différenciation pédagogique. C'est justement ce qu'on
nous demande de faire en tant qu'enseignant. Aussi, il n’y a pas d’études qui démontrent
que les élèves apprennent mieux avec des vidéos. Enfin, je crois qu'il faut
être très vigilant lors de l'utilisation des TIC et ne pas en abuser. En effet,
selon Wiegand (2006), un usage trop fréquent de l'ordinateur (dont le
visionnement de vidéos) et le recours aux jeux vidéos peuvent réduire les
espaces fréquentés et habituels. Je sais
que cette information traite principalement d'un aspect géographique. Malgré
tout, par les résultats de la recherche menée par cet homme, j'en suis venue à
me demander à quel point il est important de transformer nos classes en
laboratoire pour les TIC. Il faudra bien
doser l'utilisation de vidéos et autres pour ne pas rendre l'enfant dépendant à
ces technologies: la vraie vie ne se limite pas à un ordinateur. L’élève ne
doit pas qu’apprendre des notions théoriques. Il doit apprendre des méthodes de
travail, aiguiser sa métacognition, etc. Or, les vidéos éducatives que proposent
Khan ne touchent pas à cet aspect de l’enseignement. Elles ne donnent que des
notions théoriques.
Un site
intéressant qui résume la thèse d'un chercheur. On y parle des fonctions de la
vidéo en classe. L'explication est en anglais: http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/j.1467-8535.2011.01234.x/abstract
La
traduction se trouve ici, sur ce blogue:http://pedagogieuniversitaire.wordpress.com/2012/03/01/analyser-et-developper-son-enseignement-grace-a-la-video/
Le site du conférencier : http://www.khanacademy.org/
Le site du conférencier : http://www.khanacademy.org/
Pour voir la conférence : http://www.ted.com/talks/lang/fr/salman_khan_let_s_use_video_to_reinvent_education.html
Lamarre, S. (Automne 2013). ETA 2200 – Au cœur de la relation pédagogique (Logique stratégique).
[Présentation PowerPoint]. Repéré dans l'environnement Studium: https://studium.umontreal.ca/
Mouffe, M. (Hiver 2014). ETA 3550 – Politique d’évaluation des apprentissages. [Présentation
PowerPoint]. Repéré dans l'environnement Studium: https://studium.umontreal.ca/
Valois, R. (Hiver 2014). DID 3230 - Enseigner la géographie au primaire. [Présentation PowerPoint].
Repéré dans l'environnement Studium: https://studium.umontreal.ca/

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