Pour visionner le vidéo dont je parle dans ce billet: http://vimeo.com/channels/aidestechnos1
Le billet de cette semaine portera
sur la vidéo d’un atelier qui a été tournée dans le cadre du colloque de l’APEC
le 12 octobre 2012. Le conférencier, Jean Chouinard, est un membre du RÉCIT en
adaptation scolaire, un « réseau de personnes-ressources dans les
commissions scolaires dédié au développement des compétences par l’intégration
des technologies en conformité avec le Programme de formation de l’école
québécoise » (http://www.recitadaptscol.qc.ca/spip.php?article2).
Il propose, dans la vidéo, quelques pistes de réflexion aux enseignants qui ressentent
le besoin d’offrir un meilleur accompagnement aux élèves ayant des besoins
particuliers dans leurs classes (http://vimeo.com/channels/aidestechnos1).
J’ai trouvé cette vidéo très intéressante, puisqu’elle traitait d’un sujet qui
me concerne de près : les élèves en adaptation scolaire. J’ai porté mes
réflexions sur plusieurs aspects de la conférence. Je parlerai tout d’abord de
l’évolution des technologies de l’information et de la communication, puis de ce
qu’est une aide technologique. Je distinguerai aussi les notions de diagnostic et de besoin dans le cadre d’une aide technologique et j'aborderai l'importance de se questionner sur leur valeur ajoutée. Enfin, 
Monsieur Chouinard a d’abord abordé l’évolution des technologies et bien que je n’aie pas été surprise d’apprendre qu’au cours des dix dernières années, il y avait eu une très grande évolution de ce côté, encore plus depuis les cinq dernières années, j’ai toutefois été très étonnée de constater que, vers la fin de la décennie 1980, des chercheurs développaient déjà des outils intéressants, des aides à la communication et des exerciseurs pour les enfants en difficulté ou handicapés. Je croyais que ces aides technologiques n’avaient vu le jour que dans les années 2000 et avaient été implantées quelques années plus tard. Néanmoins, il y a eu beaucoup plus de nouveaux outils technologiques au cours du XXIe siècle qu’au cours des années précédentes : les tableaux blancs interactifs sont de plus en plus nombreux dans les écoles, l’implantation du iPad dans les classes, l’augmentation de la puissance et de la performance des ordinateurs d’année en année, etc. C’est en partie pourquoi le MEQ (ministère de l’Éducation) a inclus la maîtrise des TIC (technologies de l’information et de la communication) dans les douze compétences professionnelles (MEQ, 2001). En effet, puisque les technologies occupent de plus en plus de place dans nos vies, il est certain qu’elles en prendront de plus en plus, progressivement, dans les situations d’apprentissage des élèves. Il est donc nécessaire que les enseignants sachent utiliser ces technologies pour mieux aider les enfants de leur classe.
Ensuite, comme le dit monsieur
Chouinard, de plus en plus d’applications, de logiciels, de sites, de
programmes ont été créés et nombreux sont ceux qui peuvent répondre, en grandes
parties, aux besoins des élèves en adaptation scolaire. Il suffit de trouver
celui qui convient à l’enfant. Cependant, l’aide technologique n’est pas
« une pilule magique », une prescription, par exemple, ce n’est pas
parce qu’un enfant est dyslexique qu’il utilisera Word Q automatiquement. Avant qu’un enfant ait de l’aide
technologique, il faut d’abord qu’il rencontre divers intervenants parce qu’il
est nécessaire qu’un enfant développe ses propres stratégies avant d’utiliser
un outil qui les fera à sa place. Sur ce point, je suis d’accord avec le
conférencier. Je crois qu’il est important de responsabiliser l’élève, de lui
permettre d’avoir une certaine autonomie et un contrôle sur ses processus
d’apprentissage. Ceci constitue un aspect important de la motivation chez
l’élève. En effet, si un enfant se sent capable d’exécuter une activité, car il
a les stratégies et les moyens pour y parvenir, il sera beaucoup plus engagé
dans la tâche que s’il se considère comme incapable de la faire (Viau, 2001).
C’est pourquoi il est important de doter les enfants de stratégies et de
démarches qu’ils pourront utiliser à leur choix et de façon autonome. En effet,
un enfant plus motivé s’engagera davantage dans les tâches scolaires, ce qui
alimente la motivation de l’enfant dans les projets proposés par son
enseignant, ce qui permet une moins grande propension à l’abandon scolaire
(Chouinard, 2012). Or, dans certains cas, celui des enfants à besoins
particuliers, les interventions faites auprès de l’enfant, les stratégies
développées par celui-ci et les efforts qu’il emploie pour réussir ne sont pas
suffisants pour lui permettre d’atteindre les exigences d’une tâche donnée, et
ce, de manière soutenue : ses difficultés persistent dans le temps, pour
la même tâche. Dans ce cas, l’élève pourra avoir accès à des aides
technologiques. Celles-ci seront des moyens d’aider l’élève à appliquer les
stratégies qu’il a apprises.
Par la suite, selon Chouinard
(2012; MELS, 2011), « une aide technologique est une assistance
technologique qui permet à l’élève de réaliser une tâche qu’il ne pourrait
réaliser (ou réaliser difficilement) sans le soutien de cette aide et doit
révéler un caractère essentiel pour répondre à la situation ». Ainsi,
l’aide technologique ne peut être appliquée qu’au moment de la tâche où l’élève
a de la difficulté. Il n’est pas nécessaire qu’il l’utilise dans tous les
domaines d’études, sauf si la tâche touche plusieurs domaines. Ainsi, si
l’élève a de la difficulté en compréhension lecture et a droit à une aide
technologique, cette assistance lui sera utile seulement avec cette compétence
et non en écriture et en communication orale. De surcroît, dans un souci
d’équité, cet élève doit avoir cette aide s’il veut réussir. L’enseignant ne doit pas voir ce support comme
une injustice envers les autres élèves qui n’ont pas cette aide. Nous entendons
souvent parler de la métaphore de la paire de lunettes dans ce cas de
figure : est-ce que nous allons demander à un élève qui a des problèmes de
vue d’enlever ses lunettes lors d’une évaluation ou d’une situation
d’apprentissage parce que les autres élèves n’en portent pas? Favorisons-nous
la réussite de tous dans ce cas?
Or, la réussite pour tous nous
est explicitement demandée dans le programme de formation de l’école québécoise
(2006), et ce, tant sur le plan de la socialisation, de l’instruction et de la
qualification. Pour permettre la réussite de tous, il est certain qu’en tant qu’enseignant, nous devrons faire preuve de flexibilité et permettre certaines adaptations. Pour cela, il faut accepter d’être équitable et non, nécessairement, faire preuve de justice. Si un enfant, pour comprendre un texte, a besoin qu’une synthèse vocale lui lise le texte pour qu’il puisse se concentrer sur le sens des phrases au lieu de travailler très fort au niveau du décodage, il faut lui permettre d’utiliser son aide technologique. Dans ce cas, on lui donne les mêmes chances de réussite que les autres enfants de la classe. Les critères et les exigences d’évaluations de la tâche seront les mêmes que pour ses camarades, mais les modalités de réalisation de la tâche seront différentes. C’est ce que l’on appelle une adaptation (Charbonneau, 2014; Chouinard, 2012). Une aide technologique peut également être utilisée dans le cas d’une modification. Ici, l’enseignant change les modalités elles-mêmes de la tâche ou de l’examen pour qu’elles correspondent au niveau de l’enfant. Ces deux types de différenciation doivent être inscrits dans un plan d’intervention. Ainsi, on ne peut offrir une aide technologique à l’enfant sans au préalable le mettre dans son plan d’intervention et en expliquer l’utilité pour lui (Charbonneau, 2014; Chouinard, 2012).
qualification. Pour permettre la réussite de tous, il est certain qu’en tant qu’enseignant, nous devrons faire preuve de flexibilité et permettre certaines adaptations. Pour cela, il faut accepter d’être équitable et non, nécessairement, faire preuve de justice. Si un enfant, pour comprendre un texte, a besoin qu’une synthèse vocale lui lise le texte pour qu’il puisse se concentrer sur le sens des phrases au lieu de travailler très fort au niveau du décodage, il faut lui permettre d’utiliser son aide technologique. Dans ce cas, on lui donne les mêmes chances de réussite que les autres enfants de la classe. Les critères et les exigences d’évaluations de la tâche seront les mêmes que pour ses camarades, mais les modalités de réalisation de la tâche seront différentes. C’est ce que l’on appelle une adaptation (Charbonneau, 2014; Chouinard, 2012). Une aide technologique peut également être utilisée dans le cas d’une modification. Ici, l’enseignant change les modalités elles-mêmes de la tâche ou de l’examen pour qu’elles correspondent au niveau de l’enfant. Ces deux types de différenciation doivent être inscrits dans un plan d’intervention. Ainsi, on ne peut offrir une aide technologique à l’enfant sans au préalable le mettre dans son plan d’intervention et en expliquer l’utilité pour lui (Charbonneau, 2014; Chouinard, 2012).
Néanmoins, il faut faire
attention de bien distinguer la notion de diagnostic et de besoin. Un enfant
qui a un diagnostic, par exemple de dyslexie, n’a pas nécessairement besoin
d’une aide technologique. Il se peut, dans ce cas, que l’élève ait de très bons
résultats et réussisse à bien comprendre les notions grâce aux stratégies qu’il
a mises en place, aidé de son enseignant et d’autres intervenants. Dans la même
classe, un enfant sans diagnostic pourrait avoir de très grandes difficultés en
lecture et aucune des stratégies mises en place pour l’aider ne fonctionne, et
ce, malgré tous les efforts de l’élève et de l’enseignant. Est-ce que, parce
que cet élève n’a pas de diagnostic, il n’aurait pas droit à une aide
technologique? Selon moi, cet élève mériterait qu’on lui offre une telle aide.
L’élève avec le diagnostic, dans cet exemple, n’en a pas besoin. En d’autres
mots, selon l’opinion du conférencier et la mienne, il est important de
toujours attribuer une aide technologique selon le besoin de l’enfant et non
pas selon son diagnostic.
Enfin, il est important, selon
moi, de penser à la valeur ajoutée que cette aide apporte et d’expérimenter
l’outil avec l’élève, c’est-à-dire qu’il est nécessaire de vérifier si l’aide
lui convient vraiment et si elle lui permet de réaliser les tâches qu’il était
incapable de réussir auparavant. Si l’élève ne réussit pas davantage malgré
cette aide, il faut se demander si cela est dû à une mauvaise utilisation de l’outil
ou au fait que ce dernier n’est pas efficace pour cet élève. Je crois qu’il est
toujours important de se questionner sur les stratégies employées et les outils
proposés aux élèves pour être toujours à l’affût de ce qui convient le mieux
aux enfants auxquels nous enseignons.
Pour conclure, j’ai appris, lors
de l’écoute de la vidéo que ce n’est qu’en 2008 que la sanction des études
avait enfin reconnu la pertinence, pour un élève en difficulté, d’utiliser des
aides à l’écriture en situation d’apprentissage, mais également en situation
d’évaluation. On reconnaît dorénavant ces aides comme des moyens d’adaptation
et non comme des moyens de modification. Or, auparavant, les enfants, s’ils
éprouvaient des difficultés, pouvaient avoir des aides technologiques en
classe, mais ne pouvaient pas les utiliser lors des situations d’évaluation,
car cela était considéré comme injuste envers les autres enfants. L’élève apprenait
donc à se servir de l’aide technologique, qui lui permettait de réussir les
mêmes tâches que ses camarades, mais ne pouvait plus l’utiliser au moment des
évaluations : n’est-ce pas inéquitable? Ceci m’a fait réaliser que même si
on nous serine que la société est en perpétuel changement, qu’elle évolue à une
vitesse vertigineuse, cela n’est pas nécessairement vrai pour tous les domaines.
Le domaine de l’adaptation scolaire est, si l’on considère l’histoire du
Québec, un aspect tout récent qui devra continuer à être défendu et qui devra évoluer
en faveur des besoins de l’élève, peu importe ce qu’ils sont. Or, les
technologies, comme je l’ai appris grâce au conférencier, peuvent représenter
une grande aide pour ceux qui en nécessitent l’acquisition. C’est pourquoi
l’ajout de l’utilisation de certaines aides technologiques lors des situations
d’évaluation, pour les élèves à besoin particulier, dans la sanction des études,
est si important. Il ne faut toutefois pas oublier que cet ajout est le
résultat de la longue bataille de plusieurs personnes, dont le conférencier,
qui ont continué à se battre pour ce qu’elles percevaient comme essentiel jusqu’à
ce qu’elles obtiennent gain de cause.
Références :
Charbonneau, D.
(Hiver 2014). La différenciation
pédagogique. Recueil inédit, Université de Montréal.
Chouinard, J.
(2012). Élèves ayant des besoins particuliers en FP: jusqu'où peut-on
adapter et quelles aides technologiques utiliser? [Vidéo en ligne]. Repéré à http://vimeo.com/channels/aidestechnos1
Ministère de
l’Éducation. (2001). La formation à l’enseignement professionnel. Repéré à http://www.mels.gouv.qc.ca/fileadmin/site_web/documents/publications/anterieur/form_ens_prof.pdf
Ministère de l’Éducation (2006). Programme de formation
de l’école québécoise : Éducation préscolaire, enseignement primaire.
Repéré à http://www1.mels.gouv.qc.ca/sections/programmeFormation/primaire/medias/1-pfeq_chap1.pdf
Ministère de l’Éducation, du
Loisir et du Sport (MELS). (2011). Considérations pour établir les mesures d’adaptation à mettre en
place en situation d’évaluation. Repéré à http://www.fcpq.qc.ca/data/userfiles/files/Recherche_Developpement/Plan%20Intervention/Considerations-Mesures%20adaptation.pdf
Viau, R. (2001).
La motivation des élèves : Pourquoi s’en préoccuper? Et comment? Nouvelle de l’AEFNB, 18-21.



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