samedi 15 mars 2014

Cinquième billet: Enseignement dans les hôpitaux, intégration des TIC


Pour ce cinquième billet, j’ai décidé de porter ma réflexion sur l’enseignement en milieu hospitalier. C’est un sujet qui m’a longtemps et énormément apporté de réflexion et qui m’en apporte encore aujourd’hui. Lorsque j’étais au secondaire, avant que la conseillère en orientation me propose l’enseignement en adaptation scolaire comme choix de carrière, je souhaitais devenir pédiatre. Or, je me suis longtemps demandé comment concilier mon envie de départ, être pédiatre, à mes intérêts d’aujourd’hui, l’enseignement. L’idée m’est alors venue d’offrir mes services, en tant qu’enseignante, dans les milieux hospitaliers.

Dans ce billet, je vais d’abord vous présenter les découvertes que j’ai faites par rapport à ce domaine, puis, j’expliquerai mes réflexions à propos de l’intégration des TIC dans un tel milieu.

D’abord, cette semaine, une amie m’a fait parvenir un article qui annonçait la venue du docteur « Patch Adams » à Montréal pour une conférence, suite au visionnement du film hollywoodien réalisé sur sa vie. Cette invitation a ravivé mon intérêt pour les centres hospitaliers et m’a permis de me questionner sur l’enseignement en milieu hospitalier. Je me suis alors rendue compte que je ne connaissais pas vraiment ce domaine alors qu’il ne me serait pas impossible d’avoir à travailler dans un tel milieu.

En effet, comme nous l’avons vu dans notre cours PPA1111, avec monsieur Angeloro, le système éducatif québécois privilégie grandement l’intégration des élèves HDAA (handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage) dans les classes régulières, car c’est le principe de « normalisation » qui prime dans ses valeurs, c’est-à-dire qu’on vise à donner à l’enfant l’environnement le plus normal possible, mais qui convient toutefois à ses besoins et ses capacités. Pour mieux comprendre cet aspect, on peut se fier au système en cascade. Les intervenants doivent amener le plus possible l’enfant au niveau 1. Néanmoins, il demeure probable qu’un enfant se rende au niveau 8. C’est pourquoi je considère que ce domaine représente une avenue importante à explorer et sur laquelle s’informer.

 
*Comme je ne trouve pas l’image sur Internet, je vais vous reproduire ici le système en cascade vu dans l’un de nos premiers cours à l’université:*



Niveau 1 : Classe régulière avec l’enseignant régulier, premier responsable de la prévention, du dépistage, de l’évaluation et de la correction des difficultés mineures de l’élève.

Niveau 2 : Classe régulière avec service ressources à l’enseignant régulier

Niveau 3 : Classe régulière avec service ressources à l’enseignant et à l’enfant

Niveau 4 : Classe régulière avec participation de l’enfant à une classe ressource

Niveau 5 : Classe spéciale dans l’école régulière avec participation aux activités générales de l’école

Niveau 6 : École spéciale

Niveau 7 : Enseignement à domicile

Niveau 8 : Enseignement à l’intérieur d’un centre d’accueil ou d’un centre hospitalier.

 
Chaque année, entre 500 et 600 enfants hospitalisés poursuivent leur scolarisation grâce aux 18 enseignants en adaptation scolaire de la Commission scolaire de Montréal qui leur fait la classe sur place. Ces derniers dispensent généralement les matières de bases (français et mathématiques) dans le but que les élèves, une fois sortis de l’hôpital, puissent continuer leur parcours scolaire dans une classe régulière.  En effet, le professionnel de l’enseignement a pour tâche de « ramener l’école à l’enfant, de donner un suivi pour que l’élève puisse faire le lien et ne soit pas perdu à son retour, ainsi que de changer les rituels de la journée durant une hospitalisation » (Brusa & Clemente, 2010, p. 9).  Il doit permettre à l’enfant de transférer les apprentissages qu’il a faits en classe à l’hôpital et inversement. C’est pourquoi il est important que l’enseignement se fasse en concertation avec les intervenants scolaires du milieu hospitalier et ceux de l’école d’origine de l’enfant. Il y a ainsi de nombreuses communications qui se font entre les deux milieux (CSDM, 2009).

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Néanmoins, lorsqu’un enfant reçoit un diagnostic très lourd, l’école prend une signification bien différente (Côté, 2013; Brusa & Clemente, 2010, p. 8). En effet, les enseignants misent sur des projets qui vont passionner leur élève afin de lui faire oublier momentanément sa maladie et de faire baisser son anxiété. Comme le dit Ophélie Rivière, une orthopédagogue diplômée à l’UQAM, « Le but du service scolaire en milieu hospitalier est de scolariser les élèves, mais je constate que c’est aussi le moment dans la journée où l’enfant ne pense pas à sa maladie ». Cela doit être extrêmement éprouvant pour ces enseignants, d’autant plus qu’ils n’ont pas accès au dossier médical et ne connaissent donc rien à l’état de santé de leurs élèves, sauf si les parents les en informent directement (Côté, 2013). En outre, quand un enfant est guéri, les enseignants n’ont pas de suivi et n’en entendent généralement plus parler (Brusa & Clemente, 2010, p. 8).

Dès qu’un enfant est hospitalisé depuis au moins 10 jours, les enseignants de l’École à L’Hôpital le prennent en charge. Ceux-ci ont environ de six à sept enfants qu’ils ne voient pas plus qu’une heure par jour, de façon individuelle afin de ne pas les épuiser. Malheureusement, les enfants ne sont que rarement groupés, puisque leur niveau académique est très différent tout comme leurs conditions physiques, cela demandant donc énormément d’adaptation de la part de l’enseignant (Côté, 2013, Brusa & Clemente, 2010, p. 8).

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Aussi, selon les divers témoignages que j’ai pu lire, ces services remontent néanmoins le moral de l’enfant, car il a l’impression d’être « normal ». Ces enfants veulent généralement apprendre, mais ne peuvent aller en classe à cause de leurs conditions physiques ou mentales, ce qui les attriste. Ils sont donc heureux de pouvoir continuer à suivre des cours, dans l’ultime but de les poursuivre ensuite dans leur école de quartier (Côté, 2013). L’enseignement en milieu hospitalier est donc extrêmement important tant pour les parents que pour les enfants eux-mêmes. Cette pratique a donc une place évidente dans la société.
 
*Pour plus d'informations, vous pouvez visionner le vidéo à l'intention des parents dont leurs enfants doivent poursuivre des études en milieu hospitalier.
Vous pouvez aussi visionne celui qui s'adresse aux enseignants.*

 
Ensuite, puisque les enseignants qui desservent des services d’enseignement dans les hôpitaux doivent suivre le programme de formation de l’école québécoise (MEQ, 2006), il est implicite qu’ils devront intégrer les technologies de l’information et de la communication. En effet, puisque le programme est prescriptif, obligatoire (Charbonneau, hiver 2014), ces enseignants doivent amener les élèves à exploiter les TIC, qui est l’une des compétences transversales. Pour ce faire, ils doivent offrir à leurs élèves, des activités qui leur permettront de s’approprier les TIC, de les utiliser afin d’effectuer plusieurs tâches ainsi qu’évaluer leur efficacité lors de l’utilisation de ces outils (MEQ, 2006, p. 29). Je me suis alors questionnée sur la façon dont les enseignants en milieu hospitalier développent cette compétence chez leurs élèves. En effet, comme mentionné plus haut, bien souvent, ils doivent aller voir individuellement les élèves pour leur donner des cours adaptés à leur niveau et à leurs besoins. Ainsi, gérer l’apprentissage de nouvelles technologies peut s’avérer fastidieux. Aussi, il n’est pas évident d’avoir accès à des ressources électroniques sans fil, tel que le cellulaire, dans les hôpitaux, puisqu’elles sont généralement prohibées. En effet, selon monsieur Roberval, leurs ondes radios affectent le « fonctionnement des équipements dans les hôpitaux » en se propageant dans tous les sens et en causant des interférences. En effet, les         «  ondes créées par divers appareils sans fil dérégleraient des pompes à soluté, perturberaient des stimulateurs cardiaques et ont même fait fonctionner des fauteuils roulants! ». Il n’est donc pas très facile, pour les enseignants, d’intégrer les TIC dans leurs situations d’enseignement-apprentissage puisqu’ils ne peuvent utiliser de technologies nécessitant un réseau sans fil. D’autant plus qu’il serait impossible de financer l’obtention de plusieurs ordinateurs ou de tablettes numériques (iPad) pour permettre aux enseignants de desservir tous leurs jeunes élèves, qui poursuivent leurs études, en TIC. Peut-être que payer un outil tel que le iPad à chacun des enseignants pourrait être possible et très intéressant, mais je ne sais pas si un tel outil produit le même genre d’ondes radios que celles mentionnées plus haut.

http://www.csdm.qc.ca/AutresServices/ServiceScolaireMilieuHospitalier/~/media/Images/VieDesEcoles/Autres/2010-03-ste-justine22.ashx?w=400&h=286&as=1
Pour conclure, l’école à l’hôpital est un sujet extrêmement intéressant pour de futurs enseignants en adaptation scolaire, puisqu’il se pourrait que leur parcours professionnel les amène à travailler dans de tels milieux. De surcroît, il pourrait être très intéressant d’utiliser les TIC dans les hôpitaux afin de moderniser les méthodes d’enseignement. Je sais que cela ne doit pas être évident, car les enfants doivent souvent poursuivre leur cours dans la chambre d’hôpital mais rien n’empêche l’enseignant d’amener son ordinateur ou son iPad afin de faire profiter, à l’élève, des applications éducatives qui peuvent détourner son attention de sa maladie. Je n’ai pas trouvé énormément d’informations concernant les TIC en milieu hospitalier dans un contexte d’enseignement. Il serait alors intéressant d’interroger, à ce propos, les enseignants qui vivent l’intégration de ces technologies.

 
Références :

Angeloro, R. (2011). PPA1111 – L’évolution des services éducatifs par décennies [Présentation PowerPoint]. Repéré dans l'environnement StudiUM: https://studium.umontreal.ca

Brusa, E. et Clemente, A. (juin 2010) Un élève à l’hôpital : étude des liens pédagogique et socio-affectifs entre les contextes scolaires ordinaires et hospitaliers (mémoire de licence en sciences de l’éducation, Université de Genève). Repéré à http://archive-ouverte.unige.ch/unige:12500

Charbonneau, D. (Hiver 2014). Cours 8. Notes de cours orales, Université de Montréal.

Commission scolaire de Montréal (2009). L’école à l’hôpital. Repéré à http://www.csdm.qc.ca/AutresServices/ServiceScolaireMilieuHospitalier.aspx

Côté, N. (octobre 2013). L’école à l’hôpital. Enfants Québec. Repéré à http://enfantsquebec.com/2013/09/24/lecole-lhopital/

TVA (s.d.). Cellulaires dans les hôpitaux. Repéré a http://tva.canoe.ca/emissions/je/questions/25761.html

 

1 commentaire:

  1. Bonjour Catherine,
    Ta recherche sur le sujet m'impressionne beaucoup et je n'aurais pas pensé faire un billet sur le sujet. Tout comme toi, je suis très intriguée par l'enseignement en milieu hospitalier. Ma mère et mon oncle travaillent dans ce milieu; j'y suis donc très familière. Je suis contente de voir que les hôpitaux disposent d'enseignants pour les jeunes qui y séjournent pour une longue période. Comme tu l'as écrit, les enfants doivent être très contents d'avoir cet aspect de normalité dans leur vie. Les hôpitaux ne sont pas des lieux agréables pour les enfants, surtout quand ceux-ci font face à la maladie. Il ne doit pas être facile pour les enseignants de travailler auprès de ces enfants au niveau émotionnel. Il faut avoir une certaine carapace pour ne pas laisser les émotions prendre le dessus. L'adaptation scolaire prend tout son sens, car l'enseignant doit s'adapter de toutes les manières possibles pour répondre aux besoins de l'élève. Il ne faut pas oublier que l'enfant sortira, en l'espérant, un jour de l'hôpital. Celui-ci ne doit donc pas vivre de retard scolaire, ce qui pourrait grandement nuire à son moral. Les TIC sont certainement une bonne manière pour travailler avec l'élève. Ces outils permettront à l'élève de se distraire tout en apprenant.
    L'enseignant qui a la tâche d'enseigner en milieu hospitalier se doit d'être dynamique et positif. Il doit cependant faire très attention à ses propos pour ne pas blesser l'enfant et les parents. Je pense qu'il est aussi très important de créer une relation avec l'enfant et ses parents. Il doit devenir une personne importante dans la vie de l'enfant, mais aussi dans sa guérison. L'enfant doit oublier l'enfer de la maladie et vivre de meilleurs moments.

    Merci pour ce beau billet,

    Audrey :)

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